Les quartiers sont à l’honneur

Le commerce était à l’honneur récemment avec l’étape niçoise de Passion Commerce, véritable tour de France mis en place par les chambres de commerce dans cinquante-deux villes pour booster l’activité économique et renforcer l’attractivité. Deux tables rondes ont marqué cette première édition de Passion Commerce, en particulier celle consacrée au développement du commerce dans les quartiers en difficulté.

Rencontre avec Dominique Estrosi-Sassone, adjointe au maire de Nice déléguée au logement et à la cohésion sociale, pour évoquer ce sujet.
Quelle place le commerce doit-il occuper dans les opérations de renouvellement urbain ?

Nous mettons en place aujourd’hui des projets de renouvellement urbains ambitieux au niveau de l’habitat, de la création d’équipements  publics, mais on ne peut pas assurer leur pérennité si on n’actionne pas un volet commercial fort à destination des populations concernées. Ce sera aussi un moyen d’attirer de nouvelles personnes dans ces quartiers qui seront demain totalement métamorphosés.

Quels sont les partenaires azuréens qui soutiennent une telle ambition dans les projets niçois ?

La ville a signé une convention avec la CCI Nice Côte d’Azur, la chambre des métiers et l’ensemble des bailleurs sociaux qui s’investissent quotidiennement sur les quartiers concernés. Cette convention vise notamment à faire en sorte de commercialiser les pieds d’immeuble très en
amont de la construction des bâtiments. L’objectif est de trouver les enseignes qui répondent le mieux aux besoins et aux attentes, tout en assurant une diversité commerciale attractive. Dans les projets que nous menons dans le quartier Pasteur, à l’Ariane ou aux Moulins, ce partenariat va nous permettre de faire venir de grandes enseignes mais aussi des petits commerces de proximité qui croient à ces projets de  renouvellement urbain et qui savent qu’un véritable potentiel, humain mais aussi économique, existe dans ces quartiers. Dans les deux ou trois  prochaines années, nous aurons des appareils commerciaux dignes de ce nom.

A une certaine époque, les enseignes quittaient les quartiers en difficulté. La tendance s’est-elle inversée ?

Oui, car on modifie fondamentalement l’image de ces quartiers à travers l’habitat et l’architecture, mais aussi à travers ce qui est mis en place au  niveau de la sécurité ou des transports en commun avec, par exemple, le tram qui desservira dans quelques mois Pasteur, puis demain les  Moulins avec la Ligne 2 Est-Ouest. Tout cela contribue à l’émergence d’une vie de quartier comme on peut la trouver dans le coeur de ville.

Ces  commerces sont-ils également générateurs d’emplois ?

Oui et ils favoriseront l’insertion des populations installées dans les quartiers. Il y a certes beaucoup de jeunes dans ces parties de la ville qui  n’ont pas toujours la formation ou la qualification appropriée, mais pour cela nous avons recours à des outils comme les missions locales ou les plans d’insertion par l’activité économique.

La jeunesse est-elle le véritable avenir des quartiers ?

Oui, de nombreux jeunes ont le potentiel pour occuper une large variété d’emplois, voire créer leur propre entreprise… ou des commerces.  Précisément ceux dont on besoin leur quartier. • Dominique Estrosi-Sassone, adjointe au maire de Nice déléguée au logement et la cohésion sociale, compte sur la jeunesse pour booster les quartiers